Convoi des 45000 > Notices biographiques des 45000

Charles DEL-NERO - (45449 ?)

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Charles, Ferdinand, Désiré, Del-Nero naît le 1er mai 1898 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais - 62).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 28, avenue de Reims à Soissons, ou au 6, rue Reserver à Villeneuve-Saint-Germain, commune limitrophe (Aisne - 02).

Marié, il a deux enfants de 10 et 21 ans.

Il est coiffeur.

Miiltant communiste, il est candidat du Parti à une élection législative (à préciser…).

Le 30 septembre 1941, à la suite de l’attaque lancée la veille contre une sentinelle allemande à Courmelles, terrain d’aviation au sud-ouest de Soissons, il est arrêté à Villeneuve-Saint-Germain comme otage communiste, avec 17 autres militants de l’Aisne, dont Léon Busarello, Jean Guier et Émile Maillard (futurs “45000”) ; une arme a été trouvée chez un militant communiste de Courmeilles, Gaston Pinot [1].

Charles Del-Nero est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de marchandises de Compiègne et entassés dans des wagons à bestiaux. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Charles Del-Nero est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I), peut-être sous le numéro 45449 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet - après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Charles Del-Nero.

Il meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail à la suite de laquelle 146 des 45000 sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [2]).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 22-03-1988).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 360 et 401.
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), doc. XLIV-25 (lettre de la Feldkommandantur 527 de Soissons), fiche d’otage.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 219 (31617/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 28-05-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Gaston Pinot : le 9 octobre 1941, un avis (Bekanntmachung - texte noir sur fond jaune) de l’armée d’occupation informe la population du Soissonnais que ce forgeron (ou cantonnier) de Courmelles a été fusillé à Laon (02) pour détention d’armes. Après la Libération, le Conseil municipal de Courmelles donne son nom à la place de l’Hôtel de Ville.

[2] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.