
Une jeune orpheline
Jeanne Thiébault passe une jeunesse d’orpheline. Son père est tué à la guerre de 1914-1918. Sa mère est morte peu après. Elle est confiée à l’Assistance Publique avec un frère dont elle perd la trace.
L’arrestation
En 1942, Jeanne Thiébault est ouvrière spécialisée chez Citroën et elle habite rue d’Orgemont dans le XXème arrondissement de Paris. Son compagnon, Colli, est d’origine italienne. Il travaille également chez Citroën. Ils sont à la veille de se marier.
Le 18 juin 1942, les brigades spéciales viennent les arrêter. La police recherche le neveu de Colli : Barachi qui est responsable du Front national pour la région Paris-Nord. Il a été vu plusieurs fois chez son oncle. Faute d’arrêter le neveu, la police arrête l’oncle et sa compagne.
Condamné à mort, Barachi sera finalement pris plus tard. Déporté à Mauthausen, il reviendra.
La fusillade du 11 août 1942
Tous les hommes, arrêtés en même temps, le 18 juin 1942, imprimeurs, jeunes F.T.P, sont fusillés le 11 août 1942. Le compagnon de Jeanne Thiébault, Colli en réchappe par miracle : soixante-quinze otages sont fusillés, Colli est le soixante-seizième sur la liste. Plus tard, il est interné dans un camp jusqu’à la Libération de la France.
Jeanne Thiébault est détenue au dépôt jusqu’au 10 août 1942, puis transférée au fort de Romainville jusqu’au départ.
Auschwitz
Jeanne Thiébault est morte sans qu’aucune des rescapées en soit témoin.
Elle n’avait pas de famille. Ni Colli, ni sa famille n’ont su le lieu et le moment de la mort de Jeanne Thiébault.
Source
Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier - page 280.