
Lucie Mansuy est née le 3 juin 1915 à Gérardmer dans les Vosges, dans une famille d’immigrés italiens de quatre enfants.
Lucie épouse Mansuy en 1932, celui-ci s’engage dans les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne. Il est tué à Tortoza le 28 juillet 1938.
Lucie Mansuy vient habiter Paris en août 1940 avec son nouveau compagnon, Maurice Quédec, militant communiste chez Renault.
La Résistance et l’arrestation
Le couple s’engage dans la Résistance dès le début de l’occupation. Lucie est agent de liaison, elle distribue journaux clandestins et tracts.
Maurice Quédec appartient au même groupe que Despouy et Pottier (voir également Raymonde Salez et Lucie Pecheux).
Le couple est arrêté le 18 juin 1942 à leur domicile à Paris dans le 20ème arrondissement, à la suite d’une filature, il est 6 heures du matin, les inspecteurs des Brigades spéciales pénètrent dans l’appartement.
Lucie est internée au Dépôt jusqu’au 20 août 1942 puis au fort de Romainville.
Maurice Quédec est fusillé au Mont Valérien le 11 août 1942, il a trente-trois ans.
Auschwitz
Elle réussit à tenir dans les marais malgré un bras démis par un coup de bâton. D’après le témoignage de Charlotte Delbo, elle a été également piétinée par le cheval d’un SS.
En avril 1943, elle est victime du typhus et entre au Revier Elle se rétablit et part travailler à Raisko. Le 7 janvier 1944, elle aurait dû partir avec un petit groupe de survivantes pour Ravensbrück mais, malade, elle retourne au Revier.
Lucie se remet de son typhus et rejoint les camarades du convoi qui sont en quarantaine.
Ravensbrück et Mauthausen
Lucie Mansuy est transférée avec ses camarades rescapées à Ravensbrück le 2 août 1944 puis fait partie du convoi du du 2 mars 1945 pour Mauthausen. Libérée le 22 avril 1945, elle est rapatriée par la Croix-Rouge via la Suisse.
Le retour
Ayant tout perdu, Lucie Mansuy travaille dans la métallurgie. Elle habite à nouveau le 20ème arrondissement.
Charlotte Delbo : "Le convoi du 24 janvier", les Editions de Minuit, édition de 1993, pages 190-191