
Pierre, Alfred, Leroy naît le 26 novembre 1895 à Villaudric (Haute-Garonne - 31), fils de Pierre - dit Adolphe - Leroy, forgeron, et de Marie Tournier, son épouse, 24 ans.
Considérant son âge, Pierre Leroy devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).
Le 3 juillet 1920 à Cognac (Charente), il se marie avec Jeanne Thibeaudeau. Ils n’ont pas d’enfant.
Le 21 octobre suivant, Pierre Leroy est embauché par une compagnie de chemin de fer qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 32, rue Émile-Zola à Niort (Deux-Sèvres - 79).
Il est alors ouvrier qualifié (serrurier) dans un atelier SNCF de Niort.

Adhérent de la section de Niort du Syndicat unitaire des cheminots en 1925 (CGTU), Pierre Leroy en devient le secrétaire général en 1934 (250 adhérents). En 1935, il est secrétaire adjoint de l’Union départementale des Deux-Sèvres.

Il est aussi militant communiste.
Sportif, il pratique le rugby et la boxe.
Le 3 juillet 1941, Pierre Leroy est arrêté à son domicile par des policiers français pour activités communistes. Il est détenu à la prison de Niort, puis au château de Vaudeurs dans l’Yonne (à 20 km de Sens), où sa femme est autorisée à le voir en septembre 1941.

Le 26 mai 1942, remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).
Entre fin avril et fin juin 1942, Pierre Leroy est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Pierre Leroy est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45787 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.
Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire - au cours duquel Pierre Leroy se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.
Le 13 juillet - après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Pierre Leroy.
Il meurt à Auschwitz le 11 août 1942, d’après les registres du camp ; cinq semaines après l’arrivée de son convoi (l’état civil français a enregistré la date du 30 décembre 1942).
Déclaré mort pour la France, Pierre Leroy est homologué comme “Déporté résistant” ; reconnaissance plutôt rare concernant les “45000”.
Une stèle de granit gris a été érigée (formulation à vérifier…) en son hommage à la gare SNCF de Niort, en bordure de la ligne de Paris.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 21-10-1994).
Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 379 et 411.
Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Basse-Normandie (2000), citant : Témoignage de sa veuve (05-1973) - Article du Patriote Résistant, mensuel de la FNDIRP (1973) - Article du journal local relatant la cérémonie d’inauguration de la stèle en présence du Préfet, du Conseiller de la République, de la Municipalité et de très nombreux cheminots - Archives municipales de Niort.
Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, tome 43, p. 310.
Archives départementales de la Haute-Garonne, site internet, archives en ligne, état civil de Villaudric, registre des naissances-mariages-décès de l’année 1895, acte n°21 (cote 1 E 15).
Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 712 (19468/1942).
Base de données des archives historiques SNCF ; service central du personnel, agents déportés déclarés décédés en Allemagne (en 1947), de A à Q (cote 0110LM0108).
Site Les plaques commémoratives, photo de Jean-Jacques Guilloteau.
MÉMOIRE VIVE
(dernière mise à jour, le 2-04-2013)
Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).
En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.
[1] La SNCF : Société nationale des chemins de fer français. À sa création, suite à une convention validée par le décret-loi du 31 août 1937, c’est une société anonyme d’économie mixte, créée pour une durée de 45 ans, dont l’État possède 51 % du capital.